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mardi 3 juillet 2012

Eclaircissement I : Facesitting/smothering


J’écrivais l'autre jour : « Autant je n’éprouve aucune attirance à l’égard du bondage, de la domination “purs” – dans la mesure où eux aussi sont des codes contraignants –, et moins encore à l’égard du SM (infliger ou recevoir douleur ou humiliation est fondamentalement étranger à mon érotique volontiers hédoniste), autant j’aime ces jeux, cette subversion vis-à-vis des codes sexuels. »

Je dois tout de même préciser : ceci étant posé, j’affectionne tout particulièrement certaines pratiques généralement liées aux codes du BDSM. Par exemple, outre le fait d’être attaché aux montants du lit, j’aime lécher le sexe, les fesses d’une femme assise sur mon visage. Suis-je pour autant un adepte de ce qu’on appelle « facesitting » ou « smothering » ? Pas vraiment, dans la mesure où ces deux mots renvoient, précisément, à des figures imposées du BDSM.

Ainsi « facesitting » semble-t-il suggérer quelque chose qui relève de l’humiliation. Or lorsqu’une femme s’assied sur mon visage, je ne me sens nullement humilié ou rabaissé. J’y vois plutôt l’expression d’un désir impérieux d’être léchée avec plus d’intensité que dans un cunnilingus ou un anulingus classique : et ce que j’éprouve alors, c’est tout ensemble la gratitude devant ce que je prends pour une marque de confiance (double : ma partenaire se sentirait donc en confiance avec moi pour m’adresser une demande aussi intense, et aurait assez de confiance en ma capacité de répondre à cette demande) et le souci de bien faire ce qui m’est ainsi demandé.

De même, « smothering », littéralement « étouffement », renvoie-t-il implicitement à quelque supplice. Certes, le souffle peut en effet venir à se raréfier dans cette position, quand le corps désiré pèse sur ma bouche et mon nez, et que le suc mêlé de ma salive, de ses sécrétions et de nos sueurs emplit peu à peu tous les interstices de nos chairs où l’air pourrait filtrer. Mais ce n’est pour moi nullement un supplice, tout au plus un léger inconfort ; inconfort qui, par ailleurs se trouve, au niveau des pures sensations, largement compensé par ce simple fait : lorsque la bouche et le nez se trouvent ainsi envahis par la sueur et les sécrétions de ma partenaire, la sensation de s’incorporer au corps désiré atteint alors une puissance gustative et olfactive qui subjugue, et qu’accroît encore jusqu’au vertige le manque d’oxygène. C’est donc bien là non un supplice que je subirais mais une jouissance sensuelle dont je suis (avec quelle gratitude) le bénéficiaire.